Créer mon blog M'identifier

Culture pour tous !

Le 17 décembre 2013, 13:32 dans Humeurs 2

Par les temps qui courent, rares sont les choses gratuites. Or, il y a un endroit, à Paris, où tu peux découvrir, sans dégainer ta blue card, des œuvres inédites et superbes, où tu peux essayer de créer toi aussi, et où on t'offre un livre gratuit, en l'occurrence le catalogue de l'exposition. Et comme les livres, c'est le thème de ce blog, voilà un excellent prétexte pour te parler de ce lieu unique. 

Cet endroit – cours-y vite, le bonheur est dans le pré, ou plutôt sur les Champs (Elysées) –, c'est l'Espace culturel Louis Vuitton. Il est situé tout en haut du flagship de la célèbre marque de luxe. L'entrée se fait par la rue Bassano, via un ascenseur pas comme les autres, véritable sas de décompression entre l'agitation de l'extérieur et l'espace d'exposition. Au dernier étage de l'immeuble, l'ascenseur magique s'ouvre sur un lieu d'exposition baigné de lumière.

L'expo proposée en ce moment s'intitule "Scènes roumaines". Elle présente des œuvres picturales d'artistes roumains. Notamment le travail de Serban Savu, un peintre de Cluj. Ses tableaux représentent des scènes de la vie quotidienne roumaine, dans un paysage périurbrain banal. Elles sont "cadrées" d'un point de vue élevé, peut-être d'une fenêtre. 

J'aime beaucoup son travail qui met en valeur les petites choses de la vie. J'aime l'idée que, grâce à l'art, les petits riens, les petites gens, leurs gestes de tous les jours laissent une trace.
Sa façon de peindre en plongée, avec une géométrie très étudiée, pourrait donner une impression de toute-puissance. Or, on a au contraire le sentiment que l'artiste est à hauteur de son sujet, qu'il montre avec une “neutralité bienveillante”.

 Au détour d'un couloir, on découvre une salle ouverte. A l'intérieur, une table avec des crayons, des feutres, du papier crépon, de la colle, de la feutrine… Et une jeune femme qui interpelle les visiteurs. “Si vous voulez participer à un atelier autour de l'exposition et du travail de Serban Savu, soyez les bienvenus !” 

C'est ce qu'on a fait, mes filles et moi, samedi dernier. Deux heures durant, penchées sur une photo en noir et blanc prise par Serban Savu depuis sa fenêtre, on a oublié le temps, la foule dehors, les courses et les devoirs à faire en rentrant. On s'est mis de la colle plein les doigts, on s'est barbouillées de feutre. On a bu du thé Kusmi (ils savent recevoir chez Vuitton :)).
Il en est sorti des “œuvres” qui ne bouleverseront pas l'art contemporain (et que je te montrerai pas, j'ai pas trop envie que tu te foutes de nous ;) Mais ce n'était pas le but. Le but, c'était de profiter d'une occasion inattendue de faire un truc sympa ensemble. De vivre un pur moment de plaisir, d'autant plus qu'il était imprévu… 

 

L'expo Scènes roumaines dure jusqu'au 12 janvier 2014. Les ateliers ont lieu les samedis et dimanches à partir de 14h30.
60, rue de Bassano, 75008 Paris. Tél. : 01 53 57 52 03. 

 

Les déraisons de la colère

Le 11 décembre 2013, 15:31 dans Humeurs 0

Il y a les romans qui permettent de s'évader, qui font rire ou pleurer ; les documents qui nous font découvrir des choses sur le monde et les gens qui nous entourent. Et puis, il y a les livres qui nous apprennent à aller mieux. 
Je ne suis guère friande de ce genre d'ouvrages, qu'on classe généralement dans la catégorie "psychologie" ou “développement personnel”. Ainsi, l'un des seuls que je possède prenait la poussière depuis des années dans ma bibli. Mais bizarrement, il avait résisté à mon dernier déménagement, alors que je m'étais débarrassée de beaucoup de choses qui m'éncombraient à l'époque, dont pas mal de livres.  Je devais sentir que je finirais par ouvrir cet ouvrage de Didier Pleux, Exprimer sa colère sans perdre le contrôle (éd. Odile Jacob).

Ces dernières semaines, comme dans d'autres période de ma vie, je sentais que “ça montait”. Une colère rentrée, liée aux couleuvres avalées dans la vie quotidienne. Une colère que je réprime dans la vie sociale, parce que je suis un bon petit soldat, bien civilisé et bien discipliné. Résultat, je me transformais trop souvent en mégère à la maison. Je me mettais en colère contre moi-même – j'ai l'auto-invective facile – et contre mes enfants – qui peuvent être casse-pied comme tous les mômes, mais n'en méritent pas tant. Aussitôt après, je réalisais à quel point mes réactions étaient débiles, disproportionnées et contre-productives. Puisque, contrairement aux vertus qu'on prête à la colère, je ne me sentais pas soulagée, mais mal dans mes pompes et avec un fort sentiment de culpabilité. Certes, il y a souvent des raisons à la colère, mais c'est pas une excuse… 

Alors dimanche avant-dernier, tandis que les filles jouaient dans leur chambre, au lieu de faire le ménage, allumer la télé ou attraper un des romans de ma pile à lire, j'ai cherché le livre de Didier Pleux dans mes rayonnages. Je l'ai regardé d'un air méfiant (le livre, pas Didier Pleux qui n'est pas rangé dans mon salon. Ou alors il est bien caché). Je me suis affalée posée gracieusement sur le canapé, et j'ai commencé ma lecture, Stabilo orange en main. Mine de rien, deux heures plus tard, j'y étais toujours. (Après quelques interruptions du style : “Anouk, elle m'a fait mal !” “J'l'ai pas fait exprès !” “Si, Claire, tu l'as fait exprès !”… que j'ai essayées de traiter avec calme, pour être au diapason de ma lecture, c'est-à-dire sans balancer les belligérantes par la fenêtre.

Grâce à Didier Pleux, j'ai pu mettre des mots sur les raisons de ma colère et comprendre combien elle était vaine. J'ai saisi à quel point je voulais plier la réalité à mes exigences. Toutes choses dont je me doutais déjà, mais ça aide qu'un tiers verbalise ce que l'on ressent.

Depuis, une dizaine de jours sont passés. J'essaye de repérer les automatismes de pensée qui me font tourner en boucle… et en bourrique, pour les chasser à coups de tatane mentale. Je m'efforce d'“exprimer mon sentiment de colère” sans exploser. Je suis en train de comprendre (enfin) que ce n'est pas en m'énervant que je changerai le monde et ses habitants (par exemple les automobilistes qui privatisent la chaussée, et me mettent - pardon me mettaient – dans un état de rage incoercible). Et tout un tas d'autres trucs que je vais pas détailler, car tu t'en fous un peu de ma vie, et tu as bien raison vu qu'on ne se connaît pas.

Je ne dirai que je suis devenue la reine de la zénitude, mais il y a du mieux. Et qu'est-ce que ça fait du bien !
Et ce que je voulais te dire, en résumé, c'est que, si toi aussi tu montes plus vite que des œufs en neige et que tu veux calmer le jeu, avec le livre de Didier, tu Pleux le faire. :)

 

Salon du livre jeunesse de Montreuil, mode d'emploi

Le 3 décembre 2013, 20:29 dans Humeurs 4

Tu es allée pour la première fois au Salon du livre jeunesse de Montreuil le week-end dernier sans y être préparée ? Tu t'es pointée l'après-midi, et tu as failli défaillir, cernée par une foule compacte et fébrile ? Mince alors, j'aurais dû te faire un avant-papier pour te préparer à cette expédition de l'extrême, qui peut s'avérer fort gratifiante si tu sais t'y prendre… Donc, garde précieusement ce billet sous le coude pour l'année prochaine.

Au fil des éditions, je suis devenue une montreuillophile aguerrie. Mais les débuts ont été laborieux. Je suis venue l'après-midi à l'heure de pointe. J'ai galéré des heures pour trouver une place de parking. J'ai égaré mes enfants. J'ai fait des heures de queue pour des dédicaces. Et je suis me suis pointée sans denrées comestibles. Fatale erreur, quand tu découvres qu'il n'y a qu'un stand de sandwiches, pris d'assaut entre 11h30 et 14h30. 

Mais maintenant, après plusieurs années de pratique, je suis devenue une salonarde de compèt'. Et comme je suis très sympa comme fille, je partage mes techniques pour t'éviter mes galères.

Déjà, tu arrives à l'ouverture le samedi mat', vers 9h00-9h30. Surtout pas à 14h00. Tu fais l'erreur une fois, pas deux, je te le garantis ! Quand tu viens d'un peu loin comme moi, ça veut dire que tu réveilles les enfants dès potron-minet, alors qu'ils ou elles n'ont qu'une envie (et toi aussi) : pionser jusqu'à 10h00. Dis-toi que c'est pour la bonne cause, avale deux cafés serrés – non trois, c'est mieux ! – et saute dans ta voiture, le métro, le train ou un char d'assaut. Si tu as le choix, prends le char d'assaut…

Je te dirais pas où je me gare : je voudrais pas que tu me piques ma place l'année prochaine. Evite juste d'arriver par la porte de Montreuil et la rue de Paris et tente plutôt par la porte de Bagnolet. J'en ai déjà trop dit… (après, tu peux pas te tromper, c'est tout droit, et tu finis à pied par les petites rues sur ta droite).

En général, il fait un froid de gueux dehors et une chaleur de sauna finlandais dedans. Conclusion : prévois des vêtements chauds et ultralégers – genre doudounes Uniqlo – pour les enfourner dans un sac à dos en arrivant. Sinon, tu vas traîner des kilos des fringues pendant des heures et perdre deux écharpes et trois gants dans la bataille.

Prévois chips, sandwiches, gourdes de compote et bouteilles d'eau. Certes, ça pèse un peu, mais à midi trente, tandis que tes jambes crieront : “Pitié !” et ta progéniture affamée : “Maman, j'ai la dalle !”, tu me diras merci. 

Si tu veux faire dédicacer des ouvrages, fais un repérage des différents stands dès que tu arrives (ou la veille sur le site du salon) : regarde s'il y a les auteurs préférés de tes enfants dans tes créneaux horaires et, à défaut, des livres susceptibles de leur plaire, avec les auteurs qui vont avec dans les parages. Attention : ne te précipite pas dans une file de dédicace après avoir promptement saisi un livre sur une pile. Tu serais illico mise sur la trouche par les vendeurs, courtois mais impitoyables. D'abord, il faut passer à la caisse. La littérature, c'est de l'art, mais c'est avant tout du business.

 Après, tu pourras profiter tranquillou de ce super salon : des bouquins plus chouettes les uns que les autres dans tous les coins, les stands de petits éditeurs dont on ne trouve pas toujours les ouvrages en librairie, les expos toujours de première qualité… et la joie de tes mômes, contents d'avoir de nouveaux livres avec un petit mot gentil de l'auteur ou un chouette dessin de l'illustrateur. 

Alors, see you l'année prochaine !

 

 Dans l'expo consacrée cette année aux héros :

 

Dans la file qui mène jusqu'à l'un des auteurs stars des ados : Jean-Claude Mourlevat. Dans le sac à dos, trois grandes doudounes compactées : c'est  beau la technologie japonaise…

 

Objectif atteint ! Dédicaces en cours sur le stand Gallimard. Auteurs au travail (à gauche, Jean-Claude Mourlevat ; à droite, Anton Krings, le créateur des Drôles de petites bêtes) :

 

Six ans plus tôt, avec les mêmes mouflettes, au même endroit :

 

La moisson de cette année :


Voir la suite ≫